• Jade Teychenné Moures

Études et réorientation : le droit à l’erreur.

Pour inaugurer ce blog je voulais vous parler d’un sujet qui me tient tout particulièrement à cœur : les études. C’est un thème qui durant les dernières années m’a particulièrement stressée et angoissée : est-ce que ce que j’étudie me plaît ? est-ce je ne me serais pas trompée de filière ? ai-je de l'argent pour continuer à étudier ? ai-je le droit à l’erreur ?


La liste de question était longue, vraiment très longue. La partie "finance" étant très certainement le plus gros de mes soucis.

La situation de chaque étudiant varie : certains seront financièrement à l’aise, d’autres auront davantage de mal à joindre les deux bouts. Pour ma part je me suis retrouvée boursière (à l’un des plus gros échelons, soit environ 400€/mois). Du côté de mes parents, j’avais une petite aide financière de 200€/mois.


Ayant quitté la province pour m’établir en région Parisienne, vous imaginez bien que 600€ pour vivre sur Paris relève presque de l’impossible. Pour ma part, je vivais en couple à ce moment-là et donc trouver un logement s’est révélé un peu plus facile qu’une personne seule (double garants dans notre cas, loyer divisé par 2 puisque nous étions en couple!).


Reste tout de même que 600€ est une somme assez mince quand on y soustrait le loyer, l’abonnement téléphone, le forfait internet, éventuellement l’achat d’un ordinateur portable si le besoin est nécessaire… la taxe d'habitation à la fin de l’année, le prix de l’EDF qui mettait le compte dans le rouge... Tout cela pour dire que la précarité étudiante existe. Je ne l’ai pas vraiment connue car le fait d’être en couple et de diviser certaines factures par deux était un vrai coup de pouce. Mais le repas du CROUS le midi à 3€30, c’était presque un petit luxe que l’on s’accordait de temps en temps dans la semaine.

Ensuite, je me suis inscrite en fac de langue pour la simple et bonne raison que… J’aimais l’anglais. Bon, il faut aussi avouer que j’avais une assez grande attirance pour l’enseignement et à l’époque, devenir professeur était une vraie fierté. Malheureusement, au bout de la deuxième année de licence, je me suis rendue compte que l’enseignement dans lequel j’étais ne me convenait pas. J’appréciais TOUTES les matières qui n’étaient pas en rapport avec les enseignements principaux. J’aimais les cours de science, d’astrologie, de biologie… Quel comble pour une personne qui, comme moi, avait toujours détesté les sciences !


Cette deuxième année a été difficile car je me suis retrouvée dans une impasse : arrêter maintenant (et accepter d’avoir perdu deux années) ou bien continuer mais reconnaître que je n’aimais plus ce que je faisais et continuer. Je suis partie sur la deuxième option car la première me semblait un peu comme un échec : j’avais bien trop honte de raconter à mes parents que ce que je faisais ne me plaisait plus. La bourse du CROUS n’étant pas indéfinie, le droit à l’erreur me semblait… Impensable.


En troisième année de licence d'Anglais, après de longs mois de recherche je suis tombée sur la perle rare : cette possibilité qui n’était mise en avant PRESQUE nulle part. Cette possibilité que même mon université proposait, mais n’avait jamais entrepris : l’année de césure. La fameuse. ;)

Si vous ne le saviez pas, eh bien sachez qu’il est possible de prendre une année de césure tout en restant étudiant ! C’est à dire que :

  • Vous conserverez votre carte étudiante, vous êtes toujours inscrits dans votre école ou université

  • Vous aurez toujours accès aux tarifs étudiants en ce qui concerne les transports (35€ pour les étudiants contre 70€ pour le plein tarif à Paris)

  • Si vous êtes boursier, vous pourrez continuer à percevoir la bourse du CROUS (!!)

En fait, vous bénéficierez de tous les avantages étudiants en ayant la possibilité pendant une année scolaire de mettre à bien certains projets.


Je suis la première étudiante à avoir effectué “officiellement” une année de césure avec ma faculté.


Mais attention : une année de césure doit tout de même être un projet construit. C'est-à-dire que ce n’est pas une année de vacances dans le vide. De mémoire, vous devez demander à avoir un tuteur (un professeur référent à qui vous écrirez de temps en temps pour lui donner des nouvelles de votre projet), vous devez également construire un projet solide.


Pour ma part, j’ai décidé d’utiliser cette année de césure pour retourner dans mon pays d’origine, le Vietnam. J’avais pour projet de monter un reportage photo là-bas et d’enseigner l’anglais dans un orphelinat. En vérité, ce n’est pas un projet qui est très difficile à monter si vous êtes vraiment motivé. Il vous faut juste pouvoir prouver que vous y mettez de votre cœur et que c’est une année qui pourra vous apporter véritablement quelque chose - autant sur le plan personnel que professionnel.


Durant cette année de césure, j’ai énormément réfléchi et j’ai recherché un maximum d’informations sur les possibilités qui s’offraient à moi. J’ai mis bout à bout mes passions : le voyage, l’organisation d'évènements… Et me voilà à postuler pour des Masters de Tourisme !


Et savez-vous ce qui a fait la différence lors de mon entretien pour entrer en Master Tourisme ? Mon année de césure. ;)


Eh oui ! Cette année que je pensais être un échec ("perdre" un an alors que mes camarades eux étaient finalement diplômés, prêts à se lancer sur le marché du travail!) m'a finalement apporté bien plus qu'une année de "pause". Elle m'a permis de prendre le temps de voyager, de m’être jetée dans l’inconnu sans attaches ni racines, d’avoir appris de cette expérience et de m’être construite. C’est quelque chose qui a énormément plu aux recruteurs et qui plait encore d'ailleurs. C'est une expérience à laquelle je vous invite car vous n'en sortirez que grandi.


Par le biais de cet article, ce que je veux vous faire comprendre c’est que prendre le temps de faire les choses c’est normal. A 20 ans et moins, à moins d’avoir une vocation, il est difficile de savoir vers quelle branche ou très précisément quel métier l'on va se lancer. Vous êtes en licence, vous n’aimez plus ce que vous faites ? Ce n’est pas grave ! Cherchez des solutions autour de vous, travaillez (parce que, oui j’ai du bosser à côté de mes études pour réunir un peu d’argent!) mettez toutes les chances de votre côté. Mais surtout : ne poursuivez pas des études dans un secteur qui ne vous plaît pas.


Les reconversions professionnelles et étudiantes, ça existe. Ce n’est pas toujours facile, ce n’est pas toujours évident, ça fait peur comme jamais… ! Mais se réveiller chaque matin et être heureux de faire ce que l’on aime, ça vaut tout l’or du monde !


Comment se passent / ou se sont passées vos études ? Votre reconversion professionnelle ?


N’hésitez pas à partager votre parcours car votre histoire pourra peut-être en impacter certains ! :)


Je vous remerie de votre lecture et à très vite.


DON'T MISS THE FUN.

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